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Samedi, 28 Janvier 2012 08:45

Leonardo DiCaprio en J.Edgar, ou pourquoi il ne faut pas forcément se fier aux récompenses

edgar

Leonardo DiCaprio est un des acteurs les plus talentueux de sa génération, nominé régulièrement aux Oscars depuis plusieurs années (sauf cette fois), dont chaque nouveau film suscite donc l'intérêt. Quand en plus, ce film est dirigé par Clint Eastwood, autre monstre sacré du cinéma, on se dit que le film J. Edgar doit bien valoir la peine d'être vu.

Leonardo DiCaprio entre ainsi dans la peau du premier directeur du FBI (Federal Bureau of Investigation) John Edgar Hoover, qui occupa ce rôle de 1924 à 1972. Nous suivons la vie de ce dernier, qu'il consacra en grande partie à sa carrière, sa vie privée passant au second plan. Trois personnes seulement auront compté dans la vie de Hoover : sa secrétaire, Helen Gandy, qui lui restera loyale même après sa mort, Clyde Tolson, son bras droit dévoué, et sa mère, une femme imposante dont il aura cherché l'approbation tout au long de sa vie. On voit Hoover se concentrer sur la défense des Etats-Unis contre toutes les menaces possibles que ce soient : les anarchistes, les communistes ou les troubleurs de l'ordre public tel John Dillinger. Mais l'accent est mis en particulier sur la vie privée du directeur du FBI, via des aller-retour dans sa jeunesse et dans les années 60-70, période où il commença à écrire ses mémoires. On le voit surtout en tant qu'être humain : on voit l'homme qui cherche désespérément à plaire à sa mère, allant même jusqu'à s'empêcher de vivre sa propre vie pour elle, l'homme qui avait une relation plus qu'ambiguë avec Tolson, son plus proche collaborateur. Si nous n'avons jamais vraiment su quelle était la nature de leur relation, Clint Eastwood prend lui entièrement parti. Dans le film en tout cas, il n'y a pas de doute, Tolson et Hoover étaient bel et bien amoureux, même s'il ne s'est jamais rien passé entre eux, car Mme Hoover mère aurait rejeté son fils si elle l'avait su.

Bien que le film dure plus de deux heures, le temps passe assez vite car il est plutôt bien rythmé. Les flashbacks réguliers peuvent éventuellement être perturbants, mais cela ne bouleverse pas vraiment le fil du film. On nous avait promis un biopic sur la vie du directeur du FBI Hoover, de ce côté-là pas de déception possible. On découvre même les événements de l'histoire américaine sous un jour nouveau, notamment les périodes de lutte contre le communisme. Leonardo DiCaprio, Naomi Watts et Judi Dench livrent une performance très convaincante, d'où la surprise la semaine dernière lors des révélations des nominés aux Oscars : pas plus de chances de trophée pour eux que pour Clint Eastwood. Mention spéciale, ceci dit, pour les maquillages : celui réalisé pour vieillir Leonardo DiCaprio et Naomi Watts étaient plutôt bien réussis. Les amateurs de séries seront eux contents de retrouver quelques-uns de leurs acteurs fétiches, notamment Ed Westwick (l'inénarrable Chuck Bass dans Gossip Girl) en agent chargé de retranscrire les mémoires de Hoover et Armie Hammer en Clyde Tolson, qui a lui aussi figuré au casting de Gossip Girl.

Au final le film est plutôt réussi et nous permet de passer un bon moment au cinéma, ce n'est pas parce qu'il a été boudé aux Oscars qu'il ne faut pas aller le voir, bien au contraire !

En voici la bande-annonce :

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