« Un parrain pour l’Italie ? »
Écrit par Angéla Fache, étudiante à l'EDHEC Lundi, 07 Décembre 2009 07:45
Alors que les écologistes se mobilisent pour le « no car day », c’est bien pour un « no Berlusconi day » (NBD) que des dizaines de milliers de manifestants inquiets de la santé de la politique italienne sont descendus dans les rues de Rome ce samedi 5 Décembre (tandis que le premier ministre italien désertait diplomatiquement la ville), suite à l’appel de bloggeurs réclamant la démission du chef du gouvernement Italien, Silvio Berlusconi. A l’origine de l’initiative contestataire, des accusations de Gaspare Spatuzza, mafieux condamné à perpétuité, affirmant lors du procès du sénateur Marcello Dell'Utri, proche de Berlusconi, que le « cavaliere » aurait accordé sa « bienveillance » à la mafia en échange de soutiens pour les élections dans les années 90. Malgré les dénégations des principaux intéressés c’est bien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
Arborant des vêtements violets, couleur choisie comme symbole de liberté politique (elle est encore neutre dans le paysage politique) et des slogans tels que «Berlusconi, accepte de te faire juger ! », les manifestants amers semblent enfin répondre à l’attente d'une partie de la communauté internationale qui regardait jusqu’alors médusée les frasques impunies du chef du gouvernement, bien persuadée que rien de semblable n’arriverait chez elle.
Ainsi, faire le récit de l’ascension politique de Berlusconi, c’est aussi et surtout dresser le tableau des extravagances et des libertinages de ce grand pape des médias, puisque le moindre de ses vices n’est pas de faire des lois sur mesure pour protéger sa petite personne. Car, Berlusconi est riche, oui, très riche, c’est même l’un des hommes les plus riches de l’Italie. Et alors ? Le hic vient de ses détracteurs qui l’accusent de confondre sans vergogne l’administration de son empire médiatique et financier avec la gestion des affaires de l’Etat, puisqu’il contrôle, rappelons-le, trois télévisions privées et tout le réseau public, ce qui lui assure une surreprésentation médiatique ; dans d’autres pays, on craint même que le « berlusconisme » ne soit exportable et ne constitue une nouvelle menace pour la démocratie, prédiction tempérée par les plus lucides : qui pourrait sérieusement soutenir que manipulation et corruption sont des phénomènes nouveaux en politique ? Néanmoins, quoiqu’on en dise, Berlusconi c’est avant tout un style inimitable qui rend inclassable ce personnage hors norme : alors qu’il ne craint pas d’insulter en public ses interlocuteurs avec un aplomb déconcertant, il demeure pour beaucoup un sympathique leader charismatique à la méditerranéenne...
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