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Quevilly, Gazélec, Montpellier : où va le football français ?
La tendance s’est confirmée cette semaine encore. Après un match formidable du Gazélec (GFCO Ajaccio) qui a fait plus que jeu égal à 11 contre 11 avec l’Olympique Lyonnais, Montpellier a conforté sa place sur le fauteuil de leader de première division, avant que Quevilly ne s’ouvre les portes du Stade de France en éliminant le Stade Rennais. La France est plus que jamais le royaume des épopées et autres aventures des « petits poucets », aux dents toujours plus longues. Mais cette particularité, si elle n’est pas pour déplaire au public et autres amateurs de football qui voient d’un bon œil cette réussite de David contre Goliath –la France d’en bas contre les puissants-, n’en est pas moins, à long terme, un facteur de retard du football français par rapport à ses homologues européens.
L’an prochain, les représentants français en coupe d’Europe pourraient bien être Montpellier, Paris, Lyon, Lille, et… Quevilly. Autant dire que si cette année les parcours des clubs de l’hexagone sur la scène continentale ont été plus que décevants, la saison prochaine pourrait bien être encore plus catastrophique. La conséquence est qu’au coefficient UEFA des championnats, la France voit sa position se dégrader lentement mais sûrement. Elle a même été dépassée cette saison par le Portugal, porté par la performance de ses clubs en Ligue Europa, une compétition snobée par les clubs de L1 –qui ne l’ont toutefois jamais remportée. Le troisième de Ligue 1 aura donc à disputer l’an prochain un tour préliminaire supplémentaire pour pouvoir accéder à la phase de poules de la Ligue des Champions. En attendant pire, car la Russie grappille point après point son retard sur le championnat français, et pourrait bien le dépasser d’ici quelques années.
Si la Ligue 1 affiche de si mauvais résultats européens, c’est qu’aucune grosse cylindrée ne se détache du lot. Manchester United, Barcelone, Real Madrid, Bayern Munich, Milan AC, FC Porto, Benfica, sont des clubs qui dominent régulièrement leurs championnats respectifs, que ce soit en Angleterre, Italie, Espagne, ou au Portugal. La régularité de ces clubs leur permet d’avoir l’expérience et les fonds pour bâtir des effectifs solides, fournis, et compétitifs sur plusieurs tableaux –le championnat national et la coupe d’Europe principalement. Ces clubs sont ceux qui tirent leurs ligues domestiques vers le haut, en représentant le pays de manière honorable sur le continent et en assurant à leur championnat de conserver sa place au rang UEFA. L’OL n’a jamais été aussi craint en Ligue des Champions qu’au plus fort de sa domination en France, à l’époque où Essien, Diarra, Juninho faisaient les beaux jours des Gones. En plaçant régulièrement des clubs inexpérimentés sur la scène européenne –tour à tour Toulouse, Nancy, Montpellier, Guingamp-, la Ligue 1 est assurée de voir une partie de ses représentants sortir au premier obstacle venu –même si cet obstacle porte le nom d’une équipe obscure qualifiée à la faveur de sa troisième place en championnat hongrois. Cette rotation des clubs en Coupe d’Europe empêche en outre les clubs aux moyens suffisants pour assumer des parcours européens de grandir, d’acquérir de l’expérience internationale, de se développer tout simplement. Mais ces clubs ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes.