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Vendredi, 03 Août 2012 08:00    Écrit par Emilie Calmettes

Harcelement

Une envie de dénoncer ce que certains appellent encore le « machisme ordinaire »

La place de la femme dans notre société actuelle, si elle a certes bien évolué depuis le début de ses relations avec l’homme, n’en reste pas moins basée sur les préjugés existant depuis toujours. Plus faibles, plus petites, plus sensibles, plus émotives… autant d’a priori qui ont laissé place, au fil du temps, à une importante discrimination du sexe féminin.

Ce qu’a voulu dénoncer Sofie Peeters est plus précisément le « harcèlement de rue » : tourné en caméra cachée, son film (projet de fin d’année) prend plutôt la forme d’un documentaire. On y observe la jeune femme qui, au fil de sa progression dans la rue, se fait accoster par des hommes, à la fois nombreux et parfois insistants. Car les sifflements, regards déshabillants et autres sourires insistants ne sont pas flatteurs, mais bien gênants pour une majorité des femmes.

« T’es charmante », « Tu donnes envie, c’est normal non ? ». Le harcèlement de rue est non seulement quotidien, mais malheureusement aussi banalisé. Le comportement de ces « dragueurs », aussi intrusif soit-il, est rarement considéré comme un problème. On le tait, on souffre en silence, et on continue sa route en ignorant les remarques. Sur Twitter, on assiste à des commentaires qui choquent : « Je n’ai vu aucune fille se plaindre d’avoir eu à subir le même traitement en France […] ce qui me laisse à croire que ça demeure un cas extrême relativement isolé » : un raisonnement candide, démenti aujourd’hui par la création du hashtag#harcelementderue, qui encourage les femmes à dénoncer, et portera peut-être le conflit au niveau de véritable problème de société dans les mois à venir, tant sa prise d’ampleur est importante sur la toile.

Le film, tourné dans des quartiers populaires comptant une grande proportion d’immigrés, a été jugé raciste par les plus sceptiques. Magalie de Haas, porte-parole de l’association « Osez le féminisme ! » rappelle alors que « même » à l’Assemblée Nationale, une députée a été sifflée à la mi-juillet pour s’être présentée en robe (Cécile Duflot, ministre du logement) : considérer que le problème ne concerne que certaines catégories de population serait le résultat limité d’un raisonnement naïf.

Le gouvernement belge a d’ores et déjà saisi le problème et le Ministre de l’Intérieur Joëlle Miquet a annoncé pour la rentrée un projet de loi visant à « définir le concept de sexisme » pour ensuite plus efficacement « défendre ses victimes ». En France, on ne peut qu’espérer des mesures similaires : tout récemment, un alourdissement des peines réprimant le harcèlement sexuel a été voté par le Parlement.

En attendant, autant se détendre en s’appropriant la répartie sympathique de Bérangère Krief (Bref) !

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