|
|


Le Baccalauréat est-il encore adapté ?
Cet examen napoléonien est aujourd’hui à bout de souffle et ne pourra survivre à son époque. Le BAC est en effet gangréné par les fraudes propres à son temps. Depuis ce matin s’affrontent dans une même salle des élèves aux téléphones « intelligents » et des surveillants d’un autre âge, retraités pour une majorité, dont l’existence même de ces machines les dépasse. En dépit des très rares cas de fraude relevés, il est tout à fait exceptionnel de sanctionner un élève comme l’explique tristement un professeur. Ce laxisme volontaire de l’Education Nationale nuit à sa propre crédibilité et encourage les fraudeurs à poursuivre leurs efforts.
Si le BAC devient plus difficile à rater qu’à réussir, il ne reste que Jean Pierre Pernaut pour croire que les élèves sont dupes. Chacun sait que le diplôme est acquis, alors, à quoi bon travailler ? La maitrise de la langue française est en chute libre et cela n’est plus à prouver, cet article rédigé par des enseignants illustre l’étendue des dégâts au sein d’une classe de fin de collège.
De nombreuses personnes s’interrogent aujourd’hui sur le déclin du niveau de français de nos petites têtes blondes. Il est très difficile d’évaluer si le petit Kevin, skyblogueur à Quimper, dispose d’un niveau orthographique équivalent ou inférieur au paysan moyen qui peuplait nos villages il y a un 150 ans. La question est somme toute mal posée ; constatons qu’il y a 150 ans un honnête homme avait moins recours à l’écriture au quotidien et disposait d’un accès à l’information limité aux journaux et à ses relations sociales. Notre jeunesse actuelle interagit en permanence face à un écran où le premier vecteur de communication est l’écrit ! Celle-ci devrait paradoxalement être plus à l’aise avec l’orthographe et disposer d’un vocabulaire riche mû par les innombrables sources d’informations aujourd’hui accessibles.
Les lacunes de français ne se limitent pas à une langue écorchée et rudoyée, mais, plus grave encore, elles engendrent des erreurs profondes de raisonnement. Citons ici l'observation d'un enseignant: « On constate que derrière ces formulations hasardeuses ou mystérieuses somnole une pensée pauvre, entravée par les approximations logiques et lexicales. Les étudiants voudraient sans doute faire mieux, mais ils n’y arrivent plus. » Descartes serait il mort une seconde fois ?
Face à cette situation qui perdure depuis 30 ans, les entreprises développent de nouveaux modes de recrutement et personne n’échappe aujourd’hui à un test, souvent implicite, de français. Bientôt, pour intégrer une grande école il suffira à nos étudiants de savoir écrire un français correct, ce « talent » devenant de plus en plus rare aujourd’hui. Récemment, le personnage de « Grammar Nazi » à fait son apparition sur Internet pour caricaturer les personnes corrigeant les fautes des autres sur la toile. Humoristique certes, mais ce personnage est sans aucun doute plus proche de Prométhée que du moustachu autrichien.