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Jeudi, 03 Mai 2012 13:00

sarkozy kadhafi

Sarkozy et Mediapart: entre plaintes, enquêtes et ripostes.

Le 28 avril dernier, le site Mediapart a publié un document confidentiel qui met en cause l'implication de certains proches du régime de Mouammar Kadhafi dans le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle de 2007. Sur ce document Moussa Koussa (le chef des services de renseignements extérieurs de la Libye de l'époque) explique comment en 2007 le régime Kadhafi aurait participé à hauteur de 50 millions d'euros au financement de ladite campagne. La réaction de l'actuel Président de la République ne s'est pas faite attendre. Deux jours après ces révélations, il a annoncé officiellement son intention de porter plainte contre le site d'information partisan de l'opposition. Il déclare alors sur France 2 "Ce document est un faux grossier, les deux personnes en Libye qui étaient censées avoir envoyé ce document et le recevoir l'ont démenti". Ce à quoi Edwy Plenel (le directeur de Mediapart) s'est empressé de répondre "Il ne suffit pas de contester l'authenticité du document révélé par Mediapart pour mettre fin aux suspicions largement documentées depuis plusieurs mois de relations financières entre l'entourage de Nicolas Sarkozy et celui du dictateur Mouammar Kadhafi" et d'ajouter à propos de la véracité du document publié : "Nous en ferons la démonstration si le procès annoncé a bien lieu".

Le lundi 30 avril au soir, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire de police pour "faux et usage de faux", "recel de ce délit" et "publication de fausses nouvelles" suite à la plainte déposée par le Chef de l'Etat contre deux journalistes ainsi que contre le directeur de publication du site. Contrairement à une procédure d'enquête pour diffamation, cette procédure particulière nécessite une enquête sur le fond des propos mis en accusation. Dans un communiqué, le site s'étonne du choix de cette procédure particulière et accuse : "Cette démarche exceptionnelle vise à contourner la procédure spéciale prévue par la loi sur la presse". "Une procédure du chef de diffamation aurait exigé un débat public devant le Tribunal correctionnel ainsi que la production des preuves et des témoins, ce que, manifestement, M. Nicolas Sarkozy ne veut pas", précisent les responsables du site qui ont décidé de riposter en portant plainte à leur tour contre Nicolas Sarkozy.

Mustapha Abdeljalil, chef du Conseil National de Transition (CNT) actuellement au pouvoir en Libye, s'est récemment rangé du côté du Président français en déclarant "Nous pensons que la lettre est fausse et falsifiée [...] Nous avons vu la lettre et nous n'avons retrouvé aucune référence à cette lettre dans les archives libyennes". Mais l'affaire ne s'arrête pas là. Lors du meeting de Nicolas Sarkozy le 1er Mai sur la place du Trocadéro à Paris, Marine Turchi, l'une des deux journalistes de Mediapart mis en cause dans cette affaire, se serait faite agressée par des militants UMP. Ceux-ci l'auraient "secouée", insultée de "sale gauchiste" et lui auraient arraché du cou son badge de presse grâce auquel ils avaient pu l'identifier comme journaliste du site. Suite à cette agression, Edwy Plenel a assuré que "Mediapart s'associe à la plainte déposée par Marine et espère que le parquet de Paris mettra autant de diligence dans cette affaire que dans d'autres, aussi récentes".

A défaut d'éléments supplémentaires sur ce sujet, le candidat François Hollande a décidé de ne pas s'exprimer, ce qui n'est malheureusement pas le cas de l'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royale qui déclare que si les accusations du site Mediapart s'avèrent fondées, "ça voudrait dire que pendant cinq ans, Nicolas Sarkozy a exercé son mandat de façon illégitime".

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