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Ce week-end le réalisateur David Lynch (Elephant man, Mulholland Drive...) a honoré les Lillois de sa présence. Mais curieusement, ce n’était ni pour visiter les beffrois ni pour le tournage ou la promotion d’un nouveau long-métrage. David Lynch, que l’on sait adepte d’une multitude d’activités artistiques, telles que la photographie, la musique ou la peinture, était en mission. Partisan inconditionnel de la « méditation transcendantale », à la fois technique de relaxation et mouvement parareligieux fondé dans les années 1950, il a présenté son programme destinée à lutter contre la violence scolaire (notamment pour les élèves en difficulté).
Sur base volontaire, il s’agirait d’étendre la technique à plusieurs écoles en France, via un programme encadrant aussi bien les élèves que les professeurs et les parents, programme entièrement soutenu par la fondation David Lynch. Pourquoi justement à Lille me direz-vous ? Pour célébrer le cinquantième anniversaire de la première visite en France de Maharishi Mahesh Yogi (en 1960), grand chantre du mouvement. Malheureusement pour David Lynch, l’Association de Défense des Familles et de l'lndividu victimes de sectes (ADFI) est monté au créneau pour avertir du caractère sectaire de l’organisation, accusation évidemment démentie par l’intéressé lors de sa prédication : "La méditation transcendantale n'est pas une secte, elle n'est pas une religion, elle n'est contre aucune religion, des personnes de toutes religions pratiquent cette technique ».
Les objectifs de la « méditation transcendantale », dont le nom évoque des réminiscences cartésiennes, sont manifestement nobles ; la volonté de garantir « la conscience et la paix dans le monde », annihiler le stress... devraient en toute bonne foi trouver peu de détracteurs. Malgré tout, le mouvement peine à séduire en France ; le poil hérissé à la simple évocation du mot « secte », l’agitation exaltée de David Lynch a plutôt refroidi son auditoire ; le débordement d’enthousiasme en matière de paix dans le monde et d’épanouissement personnel parait toujours suspect. D’ailleurs, bon nombre des spectateurs de David Lynch n’étaient animés que par l’espoir d’obtenir un autographe, ce qui est peut-être préférable.