Mustang : Le Massif Central visité par le pur-sang américain.
Écrit par Adrien Massari, étudiant à l'EDHEC Jeudi, 04 Mars 2010 07:45
Les Clermontois de Mustang ont pris un tournant décisif depuis leur dernier album A71. Ce style américain des années 50-60 parfaitement abouti est le résultat d’un long parcours de la part des trois membres du groupe. Ils se rencontrent en classe de seconde, à Clermont-Ferrand, et se découvrent une même passion pour Nirvana. Ils revisiteront ensuite de nombreux classiques comme les Ramones ou Velvet Underground qui leur permettront de se construire.
La première chose qui saute aux yeux, c’est ce zeste d’Elvis Presley qu’on retrouve chez le chanteur et guitariste du groupe, Jean Felzine ; comme quoi le challenge auquel ils se frottent est osé. Il faut dire qu’avec une tendance actuelle aux jeunes minets de région parisienne tels que BB Brunes, ces trois provinciaux font office d’exception. Et quelle exception ! On redécouvre ceux qu’on aurait pu honteusement oublier. Des mélodies rock, avec claviers et guitares survoltés : voilà la recette d’une telle divagation. En écoutant Anne-Sophie j’ai été sidéré de voir à quel point une œuvre aussi originale se lie si parfaitement à ces légendes de la musique française comme Johnny ou Eddy Mitchell, avec des paroles poétiques et des gueules d’anges d’un autre temps. Au-delà de cette similarité, c’est cette rythmique du rock’n’roll des années 50 qui nous submerge. Parfois même, dans Mustang, ils nous offrent une version instrumentale délicieuse, délicate pour l’ouïe. Il ne faut pas non plus oublier l’importance du psychédélique, au centre de leurs inspirations et aspirations. Plus encore, pour montrer cet attachement aux Etats-Unis le titre de leur nouvel album fait référence à l’autoroute reliant Paris à Clermont, clin d’œil à la Route 66 ! Malgré tout, ils ont émis un regret quant au fait que leur album n’était pas aussi rock qu’ils l’auraient souhaité.
J’aime à savoir que la diversité et la créativité sont reconnues à leur juste valeur. En effet, ces trois français fougueux participent depuis le 22 février au festival Les Nuits de l’Alligator qui met en scène des groupes prometteurs s’inspirant de la culture américaine. Cependant, ils n’ont pas renié leurs racines avec des paroles en français. Pour l’instant ils ne sont reconnus que par le milieu fermé de la musique. Mais compte tenu de leur potentiel, on peut d’ores et déjà prédire à Mustang un avenir prospère.
http://www.myspace.com/legroupemustang
http://www.youtube.com/watch?v=J77aKdItgCU

















