Johnny Hallyday, l’idole française
Écrit par Valentin Fluteau, étudiant à l'EDHEC Jeudi, 17 Décembre 2009 07:45
À moins de vivre dans un placard opaque et insonorisé depuis une dizaine de jours, vous le savez : Johnny est hospitalisé, à Los Angeles. Les informations concernant la santé de notre rocker local sont rares, et peu vérifiables. Mais une chose m’est revenue : je me suis souvent demandé ce qui se passera le jour de la mort de Johnny... non, je n’envisage pas cette hypothèse, mais cette période permet de nous en donner un aperçu.
Smet ne donne donc que peu de nouvelles. Et pourtant, pas un journal national ne manque d’évoquer quotidiennement sa situation (ici, ici, ici ou encore là). Un “urgent” est diffusé par l’AFP et les chaînes d’info en continu dès que l’un de ses proches lui rend visite. Des médias (en particulier RTL et Le Parisien) se sont même spécialisés dans la chasse aux scoops au sujet de cette affaire : les affaires de son chirurgien français, Stéphane Delajoux, les raisons du coma artificiel, tout y passe, on sait tout. Comme toujours, c’est l’occasion pour les médias “exigeants” d’en parler sans le dire – Rue89 publie un article scientifique sur le “coma artificiel”.
Cet épisode nous montre, comme s’il fallait en douter, que Johnny est bien LE chanteur français. Et bien français. En effet, il est soigné en parfait inconnu en Californie. Il faut lire Armelle Vincent, journaliste à Rue89, lorsqu’elle cite Mark, accompagnateur de stars à l’aéroport de LA : “Je dois escorter [Johnny Hallyday] aujourd'hui. Il parait qu'il est connu en France. C'est vrai ?”. Le Los Angeles Times a d’ailleurs tourné en dérision cette frénésie : “En fait, Hallyday est la synthèse d’Elvis et de Michael Jackson – enfin, selon la horde de journalistes parisiens qui ont investi l’hôpital”. Fabienne Sintes, envoyée par France Info, évoque sur son blog “une foire bien Française qui a laissé sans voix les rares photographes Américains. On est nombreux à avoir eu franchement honte.”
Car c’est bien là le paradoxe. Je ne sais pas si Johnny démérite une telle frénésie. Mais un tel engouement médiatique pour si peu d’informations laisse pantois.
| < Préc | Suivant > |
|---|















