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Jeudi, 28 Juin 2012 07:00    Écrit par Marine Venet

louvre vasconcelos

L'art contemporain féminin s'invite chez le Roi-Soleil.

 

Joana Vasconcelos est la première femme à exposer ses œuvres au château de Versailles, et la 5ème artiste contemporaine après Jeff Koons, Xavier Veilhan, Murakami et Bernar Venet. La plasticienne portugaise à l’univers ludique et inquiétant avait déjà défrayé la chronique en 2005 en exposant son « a noiva » (« jeune mariée »), lustre immense composé uniquement de tampons, à la Biennale de Venise (un lustre de 5m composé de 25 000 tampax !). En 2007, elle pourvoyait l’atrium du Palazzo Grassi d’une prolifération de tentacules et de boudins colorés. Cette fois, l’artiste a apporté une partie de son œuvre ayant les femmes pour sujet : trois immenses Valkyries de textile flottent au-dessus de la Galerie des Batailles , tandis qu’un hélicoptère de plumes roses et des langoustes en céramique recouvertes de point de crochet portugais (« Le dauphin et la dauphine ») se dressent au gré des couloirs…

Comme les Nouveaux Réalistes, l’artiste accumule et détourne les objets du quotidien, avec un focus spécial sur l’attirail de la ménagère moderne (des casseroles se transforment en escarpins, des bouteilles deviennent des bougeoirs et des couverts en plastique se métamorphosent en cœurs géants). Le dialogue avec le décor n’est cependant pas négligé. Joana Vasconcelos a en effet davantage cherché à intégrer ses sculptures dans l’espace qu’à le décorer : des perruques trônent dans la chambre de Marie-Antoinette, du vitrail en tapisserie décore l’escalier de la Reine et une immense statue en crochet intitulée « Madame du Barry » rôde dans les couloirs…

Une partie de son exposition « Contamination », débutée en 2007, sera donc visible à Versailles jusqu’au 30 septembre 2012, malgré la polémique soulevée par la très conservatrice Société des Amis de Versailles qui publiait récemment : « C’est au tour de Joana Vasconcelos, la Reine des Tampax, casseroles et autres ustensiles de dérision de ridiculiser la femme et d’imposer leurs salissures à notre patrimoine le plus prestigieux ». C’était sans compter la nouvelle présidente des lieux, Catherine Pégard, qui, en digne successeur de Jean-Jacques Aillagon (celui qui avait fait déjà venir Jeff Koons et d'autres artistes dans le domaine du Roi-Soleil), a apporté un soutien sans faille à l‘artiste franco-portugaise, déclarant que « l’art contemporain aura toujours sa place à Versailles »

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