Coupe du Monde : L’Espagne, comme prévu !
Écrit par Mathieu K, étudiant à l'EDHEC Lundi, 12 Juillet 2010 00:40
Dimanche 11 juillet 2010, 23h03 heure de Madrid, Iniesta libère la Roja au bout du suspense et corrige une anomalie de l’histoire du football : L’Espagne remporte enfin la coupe du monde.
De cette finale, on retiendra surtout une tension insoutenable, chaque équipe manquant tour à tour la mise à mort durant 115 minutes. On se souviendra aussi de l’opposition entre des Hollandais vicieux et des Espagnols truqueurs, donnant au match une dimension dramatique rare, preuve que le jeu football ne peut s’épanouir dans le strict respect des règles.
Rien à redire évidemment sur la victoire de l’Espagne, sur le triomphe d’une génération dorée qui renvoit son adversaire du soir au Panthéon des losers éternels, aux cotés de leurs glorieux ainés Neeskens, Rep, Cruyff ou Rensenbrink, vaincus en 1974 et 1978 par la RFA de Müller puis l’Argentine de Kempes… C’est presque un honneur !
On peut également dire un mot sur le duel pour le ballon d’or qui aurait trouvé ce soir son lauréat en cas de victoire des Pays Bas et de fabuleux quadruplé pour Wesley Sneijder, on sait désormais qu’il n’en fût rien. La logique voudrait que le successeur de Lionel Messi soit désigné parmi les espagnols du Barça, qui représentaient 65% de l’équipe au coup d’envoi et qui viennent d’ajouter une élégante cerise sur le gâteau du meilleur parcours en championnat de l’histoire de la Liga et d’un parcours plus qu’honorable sur la scène européenne. Difficile cependant d’écarter totalement des joueurs comme Sneijder, Robben, Casillas ou un outsider inattendu en la personne de Paul le Poulpe, qui a encore prouvé ce soir qu’il était bel et bien le patron de cette Coupe du Monde… Rendez-vous en décembre.
Au delà de cette finale de très bonne facture, la Coupe du Monde qui s’est achevée ce soir constitue une semi-déception : une moyenne de but en berne, des stades vides, un pays organisateur sorti dès le premier tour et des favoris en déroute. La leçon à retenir de ce mondial est la preuve une nouvelle fois apportée que le football reste avant tout une affaire d’Europe et d’Européens. On nous avait vendu la coupe du monde de l’Afrique et du déclin de la « vieille Europe », souhait qui s’était trouvé renforcé par le premier tour, mais il n’en fut évidemment rien. 3 demi-finalistes sur 4 issus du Vieux Continent, c’est tout de même un de moins qu’en 2006, mais il faut remonter à la première édition en 1930 pour retrouver une finale de coupe du monde sans Européen… Les acharnés de la mondialisation repasseront.
Une parenthèse sur le geste de Luis Suarez en quart de finale, que d’aucuns considèrent comme un crime contre le jeu, il constitue pour moi le plus beau geste de cette coupe du monde. Dans la mesure où il a été sanctionné comme le prévoyait le règlement (expulsion+penalty), il symbolise à mes yeux la grandeur dramatique du football et la possibilité qu’il offre d’aller au-delà des règles pour faire gagner son équipe. Les plus belles pages de l’histoire de ce sport ont été écrites de la sorte, et je m’amuse à retrouver dans le camp des « anti-Suarez » tous ceux qui ne veulent voir dans le football un produit pasteurisé de plus, lui interdisant de donner dans ses penchants à la fois les plus troubles et les plus beaux : vice, violence, passion.
Dans 4 ans, le Brésil tentera à domicile de laver un affront vieux de 64 ans tandis que Lionel Messi et Cristiano Ronaldo dépasseront peut être le total de but en coupe du monde d’Emmanuel Petit… On a hâte.
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