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Free mobile : Les opérateurs historiques se débattent

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Art de Vivre - High-Tech

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SOPA Depuis l’arrivée de Free sur le marché de la téléphonie mobile, c’est une panique fébrile qui règne parmi les trois opérateurs historiques Orange, SFR et Bouygues Telecom. Face au nouvel entrant, les opérateurs classiques tentent à présent de se débattre et de défendre leurs plates-bandes. Et pour cela, tous les moyens semblent bons : propagande, accusations en tous genres et même envoi d’huissiers sont autant de stratégies du désespoir.

Il y a quelques jours le patron d’Orange, Stéphane Richard, n’aura pas hésité à contre-attaquer les propos de Xavier Niel de manière plutôt agressive. Après avoir clairement remis en question l’allumage du réseau de Free, il tentera de répondre à l’accusation de M. Niel à propos de la fortune faite sur le dos des utilisateurs : « Le discours taclant les "salopards qui se reversent des dividendes" me révolte, surtout lorsqu’il vient de la huitième fortune de France. Le vrai risque serait que tous les opérateurs deviennent low cost, ce qui veut dire moins d’investissements, moins de services, moins d’emplois. » Cela dit, il ne faut pas oublier que Sosh, marque online d’Orange, n’aura pas tardé à casser ses prix après l’annonce des tarifs Free. Douteuse contradiction…

Mais la propagande prend son envol lorsque M. Richard mentionnera, sans y apporter de preuve, l’existence d’abonnés Free déçus, revenant à Orange tels le fils prodigue : « Depuis la semaine dernière, on a des ‘win back’, c’est-à-dire des clients qui reviennent de chez Free. »

Le patron de SFR, Frank Esser, a choisi de son côté un angle d’attaque moins commun : tirer dans les pattes de son compagnon d’infortune, Orange. En effet, dans une interview donnée récemment au journal Le Monde, M. Esser a directement reproché à Orange l’accord d’itinérance que ce dernier a signé avec Free : « J'ai été frappé par la stratégie d'Orange qui, en signant l'accord d'itinérance, a permis à Iliad de sortir des forfaits si peu chers. Nous avons toujours dit que nous ne signerions jamais un accord pareil. » Cet accord permet au nouvel entrant de profiter du réseau d’antennes d’Orange en attendant de constituer sa propre couverture. Il fait donc partie des éléments qui ont permis le lancement de Free mobile.

Tout comme son homologue chez Orange, Frank Esser n’a pas manqué de critiquer Free sur un aspect qualitatif : « Ce n'est pas en proposant des offres à deux euros qu'on finance un réseau de qualité. Transporter de la voix, cela a encore un coût, malgré les affirmations de M. Niel. » Le patron de SFR en a également profité pour rappeler la volonté de son entreprise à ne pas « tomber » dans le low-cost : « Nous ne nous alignerons pas sur les prix d'Iliad. Nous ne sommes pas un opérateur low cost : derrière les offres, il y a un accompagnement et un réseau d'infrastructure dans lequel nous n'avons pas cessé d'investir. » Encore une fois il peut être intéressant de rappeler que les offres de Red, marque en ligne de SFR (et donc utilisant le même réseau), se sont toutefois alignées sur celles de Free Mobile…

La palme de la rancœur revient sans doute malgré tout à Bouygues Telecom : la société a en effet, selon Xavier Niel, envoyé des huissiers dans certaines infrastructures de Free dans le but de vérifier que les antennes-relais sont bien allumées, malgré la certification de l’ACERP. Entendu récemment par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, le patron de Free n’aura pas manqué de faire remarquer le gaspillage d’argent que cela implique pour Bouygues Telecom. Il ne pourra d’ailleurs s’empêcher de remarquer : « Bouygues Telecom a envoyé des huissiers pour vérifier notre réseau, des syndicats réclament la même chose à l'Arcep... Qu'ils baissent leurs tarifs, qu'ils reversent de l'argent aux clients, aux salariés et même aux actionnaires. S'ils doutent, qu'ils poursuivent le régulateur ! »

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