blog facebook twitter dailymotion issuu
bannière WebTV

      
Lundi, 25 Juin 2012 12:00    Écrit par Nathalie Point

rennes collègien

Un drame violent survenu sans motifs.

 

Depuis quelques années, la violence en milieu scolaire se fait de plus en plus fréquente, et de plus en plus grave. En témoigne la récente altercation entre deux collégiens de Cleunay qui conduisit à la mort d’un adolescent de 13 ans.

Scénario d’un homicide : nous sommes le vendredi 23 juin 2012. Deux jeunes, qui ne se connaissent pas, échangent des coups dans la cour du collège. Tous les témoins actuels s’accordent sur la description de la scène. Un adolescent de 13 ans « jette un regard », tient des « propos mal acceptés » ou peut être même « ferme la porte des toilettes trop brusquement». Il n’en faut pas plus pour déclencher la colère d’un élève de 16 ans, en classe de troisième. Ce dernier s’emporte et assène un premier coup de poing. La bagarre est engagée, cependant celle-ci ne durera que quelques instants. Le plus âgé des deux adolescents étrangle son camarade. Un surveillant intervient mais il est trop tard, la victime s’effondre et se « cogne la tête sur un poteau en pierre ». Elle décèdera quelques heures plus tard, des suites de ses blessures. Immédiatement appréhendé par les services de police, l’auteur des faits est mis en examen pour homicide volontaire sur mineur de 15 ans et incarcéré provisoirement dans un établissement pénitentiaire pour mineurs. L’avocat du présumé coupable conteste la qualification d’homicide volontaire retenue par le parquet, en raison de l’absence de toute préméditation.

Après un tel drame, de nombreuses questions se posent. Comment peut-on en arriver là sans réel motif ? L’incompréhension demeure. Un soutien psychologique a été mis en place au collège de Cleunay, mais cette histoire n’est malheureusement pas une exception à la règle qui ferait de l’école un lieu neutre, à l’abri de toute violence. En février dernier, un lycéen de Bourges décédait après avoir été poignardé par l’un de ses camarades. Il y a à peine plus d’un an c’est une collégienne de Florensac qui trouvait la mort sous les coups d’un élève du même établissement. Dans toutes ces affaires, il est d’une simplicité déconcertante de souligner un profil type de l’agresseur : en échec scolaire, démuni, immigré… Pourtant, Vincent Peillon, Ministre de l’Education Nationale, rappelait ce weekend que le drame "aurait pu survenir dans n'importe quel établissement". Et si finalement, l’Education Nationale avait sa part de responsabilité ? La France a longtemps nié les problèmes de violences scolaires et subit aujourd’hui les conséquences de ce manque d’engagement. En effet, la violence scolaire reste taboue pour beaucoup de chefs d’établissements, certainement par peur de la stigmatisation. Les premières vraies mesures datent de cette année : programme Eclair, sécurisation des établissements… Le problème, c’est que la discipline est au cœur de ces dispositifs, or depuis quelques années elle semble devenue lettre morte. Les sanctions et la sévérité sont décriées par la société et une partie de la communauté éducative, créant un vrai malaise dans le système. Pourtant, d’autres pays européens comme la Finlande ou la Grande-Bretagne obtiennent des résultats sensiblement meilleurs en misant sur la prévention.

Lire aussi:
Les Etats-Unis ne sont pas le seul pays à avoir des lois farfelues, la France aussi !
François Hollande et Eric Schmidt, Président du Conseil d’administration de Google, à gauche
Un an après la mise en service de son offre low-cost, où en est Free?