Pep Guardiola et la coupe de la Ligue des Champions

Fin de la belle histoire pour un entraîneur qui laissera son empreinte sur le Barça.

 

Voilà, la belle histoire est terminée. Après quatre ans passés à la tête du géant catalan, quatre saisons historiques couronnées de treize (voire quatorze si le Barça remporte la Coupe du Roi) trophées, Josep Guardiola quittera ses fonctions en tant qu’entraîneur du FC Barcelone.

Qualifié de meilleur entraîneur de l’histoire du club par son président Sandro Rosell, Guardiola aura laiser planer une certaine incertitude cette saison au sujet de son avenir. Difficile en effet de quitter cette magnifique équipe, qu’il aura amenée au sommet du football mondial.

Lorsqu’il prend les rênes du Barça, à l’été 2008, en provenance du Barça B et pour succéder au néerlandais Frank Rijkaard, l’équipe catalane est loin d’être la machine à succès qu’elle est devenue. Miné par des problèmes d’ego, l’effectif catalan, qui sort d’une saison blanche, va connaître un véritable bouleversement avec l’arrivée de l’ex-joueur emblématique. Son obsession ? L’esprit d’équipe, la solidarité, la cohésion, le sacrifice pour le collectif. Pep tape donc très fort sur les clous qui dépassent, aussi talentueux soient-ils. Et ses premières victimes se nomment Ronaldinho et Deco. Les fortes têtes comme Eto’o sont parfaitement gérées et se mettent au service de leurs partenaires. Dès sa première saison en tant qu’entraîneur de l’équipe première, le résultat est époustouflant, avec un sextuplé historique. Le Barça est invincible, et produit un jeu qu’on n’a peut-être jamais revu, alliant maîtrise technique, possession du ballon, et efficacité hallucinante. Le point d’orgue de la saison restera d’ailleurs le 6-2 infligé au rival madrilène dans son antre du Santiago Bernabéu.

Les saisons suivantes seront du même acabit. Dominant son championnat domestique, le FC Barcelone survole également la scène européenne, glanant deux Ligues des Champions en quatre ans. Le tour de force réalisé par Pep et ses hommes est d’autant plus impressionnant qu’en face, le Real Madrid bâtit à coup de centaines de millions une équipe de galactiques. Au cours de recrutements estivaux invraisemblables, Cristiiano Ronaldo, Kakà, Benzema, Ozil, Sahin débarquent à la Maison Blanche, qui dépouille les championnats européens de leurs meilleurs joueurs. Mourinho, après son exploit réalisé avec le FC Internazionale, est même engagé pour venir à bout de l’ennemi blaugrana. Mais pendant trois saisons, rien n’y fera. Guardiola se révèlera plus fort que l’adversité, humiliant même les Madrilènes à chaque clasico.

Pep laissera certainement une empreinte à long terme sur Barcelone et son jeu. Football offensif, technique, dans la droite lignée des préceptes de Cruyff. Guardiola s’est aussi evertué à renouveler l’effectif avec des jeunes sortis de la Masia, le centre de formation catalan. Avec brio, il aura fait éclore des joueurs comme Pedro (champion du monde avec l’Espagne dès sa première saison), Thiago Alcantara, ou encore Sergio Busquets. Le seul reproche que pourront lui faire les dirigeants et supporters de son club est sa gestion des transferts. Car l’ex-capitaine et milieu de terrain du Barça n’a jamais eu le nez creux en ce qui concerne les recrutements. Hormis Dani Alves, ses achats ne se sont jamais révélés être de bonnes affaires. Chygrynskyi acheté pour 25 millions d’euros puis reparti au bout d’une saison morose, Ibrahimovic échangé contre Eto’o accompagné de 50 millions d’euros puis revendu au Milan AC l’été suivant, c’est peu dire que les solutions du Barça se sont toujours trouvées en interne. C’est en cela également que Guardiola a affirmé l’identité du club.

Après une saison difficile pour un Barça éreinté par quatre années où il a joué jusqu’au bout toutes les compétitions, et où ses joueurs ont en plus dominé l’Euro et la Coupe du Monde, il est sûrement temps pour Pep de se retirer. Même si avec l’usure de son effectif et l’appétit du Real Madrid en face, il était difficile pour lui de faire mieux, il semble quand même, à force de matchs, avoir perdu la recette de l’équilibre entre possession et efficacité, s’en remettant bien souvent au génie de Lionel Messi pour débloquer les situations. Ce sera maintenant à un autre entraîneur d’amener sa dose de fraîcheur au FC Barcelone pour le maintenir au sommet. On lui souhaite bien du courage.

Posted by Nicolas Schweisguth